Trek en Corse sur le célèbre GR20 : un challenge sportif

Trek en Corse sur le célèbre GR20 : un challenge sportif

Voyage effectué en Mai 2015

Il s’agit là, je pense, de notre plus grand challenge sportif et une de nos plus belles expériences de voyage. Nous avons l’habitude de randonner sur la journée voire sur 2-3 jours mais là il s’agit d’un tout autre niveau et d’une toute autre expérience.

Nous allons vous détailler notre périple sur le célèbre sentier de Grande Randonnée en Corse, le GR20, à jamais gravé dans nos mémoires. Avis aux sportifs et aux amoureux de grands espaces sauvages, cet article va vous intéresser.

Présentation du GR20

Tout d’abord, une petite présentation s’impose.

Le GR20 est un sentier de randonnée balisé sui traverse la Corse du Nord au Sud (ou du Sud au Nord). On peut le débuter depuis le Nord ou le Sud. Le GR20 se délimite entre Calenzana au Nord et Conca au Sud. Il fait une longueur d’environ 200 km et s’effectue en général sur 15-16 jours. Le dénivelé cumulé est très important, de l’ordre de 11 km. 

Il s’agit du GR le plus difficile et technique d’Europe mais sûrement l’un des plus beaux. Il s’adresse donc à des personnes avec une bonne condition physique, habituées à la randonnée/trek niveau moyen-difficile et connaissant la montagne (météo, orientation, etc.).

Le GR20 est très bien balisé et en principe il n’est pas possible de s’y perdre si vous suivez bien les marques.

Vous rencontrerez quelques passages techniques comme des pentes rocheuses abruptes, utilisation de cordes pour se hisser sur une pente raide, etc. Il n’est pas nécessaire d’avoir du matériel d’alpinisme comme piolet et crampons sauf si vous effectuez le GR20 quand il y a encore des parties enneigées. Attention aux parties enneigées qui créent chaque année des accidents.

Niveau paysage vous alternerez entre paysage de haute montagne, col enneigé (en fonction de la période), clairière, pâturages, vous ne serez pas déçus par la beauté et la diversité des paysages sur 15 jours.

A savoir : conseils utiles

  • Il n’est pas obligatoire de commencer à Conca ou Calenzana. Vous pouvez récupérer le GR20 via d’autres sentiers si vous ne souhaitez pas l’effectuer en entier ou si vous souhaitez effectuer seulement une partie (par exemple la partie Nord ou la partie Sud). Généralement, les randonneurs effectue soit la partie Nord, soit la partie Sud et s’arrêtent à mi-parcours à Vizzavona où vous pouvez récupérer le train pour vous ramener à votre point de départ.
  • La partie Nord Calenzana-Vizzavona est la plus difficile, technique et avec les dénivelés les plus importants (niveau de randonnée moyen à difficile). La partie Sud Vizzavona-Conca est la plus facile sans difficulté particulière (niveau de randonnée facile à moyen)
  • Pour certaines étapes compter jusqu’à parfois plus de 8h de marche/jour en fonction de votre niveau, des conditions météo, de la difficulté terrain
  • Les refuges ne sont pas ouverts toute l’année. Ils ouvrent vers mi-mai début juin et ferment vers mi-fin septembre. Bien se renseigner à l’avance si vous n’avez pas votre matériel de camping. Durant la haute saison il est recommandé de réserver à l’avance le refuge si vous voulez une place à l’intérieur. Quand les refuges sont ouverts, il est obligatoire de payer pour dormir (même pour les emplacements de tente). En dehors de la saison d’ouverture des refuges, vous pouvez camper gratuitement à proximité immédiate du refuge. Certains refuges restent ouverts ainsi que les sanitaires mais il n’y aura aucun gardien (pas de nourriture, pas d’électricité). Vous aurez toujours de la vente de nourriture dans les refuges ouverts tenus par des gardiens
  • Tous les refuges ne sont pas équipés d’eau chaude. Douche froide revigorante garantie pour certaines étapes ! Par contre vous aurez toujours accès à une source d’eau potable sur tous les sites des refuges
  • Prendre de l’argent liquide pour payer les refuges gardés
  • Si vous vous lavez dans les torrents de montagne et si vous y lavez votre linge, n’utilisez surtout pas de savon ou de gel douche industriels. Le mieux est le savon d’Alep naturel (permet de laver le linge, de se laver le corps/cheveux/visage et de se raser pour les hommes
  • Il est interdit de camper et de faire de feu/barbecue tout le long du GR20 sauf sur les zones prévues au niveau des refuges
  • Pour la préservation de l’environnement et le respect de tous les randonneurs, ramassage des déchets obligatoire (s’applique bien sûr sur tous les sentiers de randonnée)
  • Pour bien préparer son GR20 : www.le-gr20.fr/. Vous trouverez toutes les informations sur les étapes et les refuges.

 

Notre GR20 personnalisé

Nous avons décidé d’effectuer le GR20 dans sa totalité soit 15 jours de marche. Nous sommes partis du Nord depuis Calenzana jusqu’au Sud à Conca.

Pour être vraiment à fond dans notre expérience de trek, nous sommes partis en totale autonomie c’est-à-dire avec tout notre matériel de camping et suffisamment de nourriture pour les 15 jours. Nous ne voulions pas être dépendants des refuges et surtout nous étions quasiment sûrs de ne pas pouvoir manger vegan ou même végétarien. Donc nous sommes partis avec chacun un peu plus de 20 kg sur le dos ce qui a rajouté énormément de difficulté au début du périple.

Bien sûr vous n’êtes pas obligés de faire la même chose, vous trouverez tout ce qu’il vous faut dans les refuges (à condition de bien vous assurer qu’ils soient ouverts).

 

Avant le départ

La priorité avant de partir est de se procurer le Topoguide avec le détail de toutes les étapes, le dénivelé par étape, les principales difficultés, etc.

Il est important de l’étudier avant de partir pour appréhender les étapes qui vous attendent et identifier si vous êtes suffisamment à l’aise pour vous lancer ou s’il n’est pas plus judicieux d’effectuer seulement une seule partie.

Une fois que vous avez pris votre décision, bien évidemment la préparation du matériel est une étape primordiale. Pour ce premier GR, nous avons investi dans du matériel de qualité et adapté pour la randonnée sur de longue périodes. Nous utilisons régulièrement notre matériel donc l’investissement a été bien utile et étant donné la qualité que cela apporte au quotidien il n’y a pas à hésiter. Retrouvez notre article complet sur le choix de notre matériel ICI. Tout a été mûrement réfléchi pendant plusieurs semaines, des comparatifs ont été faits, nous l’avons testé et vous pouvez vous en inspirer si besoin.

Etant donné notre choix d’autonomie, en plus de matériel nous avons dû nous occuper de la partie nourriture. Dans notre article sur le choix du matériel, retrouver également ce que nous avons emporté avec nous pour 15 jours pour avoir de l’énergie, que ce ne soit pas trop lourd et que nous puissions manger végé bien sûr.

Le sac est prêt, il n’y a plus qu’à partir et se lancer !

A savoir : les bouteilles de gaz sont interdites en avion (même en soute) mais autorisées en bateau. Pour le camping avec réchaud, il faut acheter les bouteilles de gaz soit en arrivant en Corse soit à Marseille si vous faîtes la traversée en bateau.

 

Quand partir ?

Nous sommes partis mi-mai pour avoir la tranquillité et être indépendants vis-à-vis des refuges même si à la fin du GR les refuges étaient gardés donc nous étions obligés de payer pour poser notre tente. A cette période nous avons dû traverser des parties enneigées et n’avons pas pu effectuer certaines parties pour cause de danger (cirque de la solitude qui de toute façon est désormais fermé – déviation créée depuis notre passage).

Afin d’éviter les risques des parties enneigées, il est conseillé de débuter le GR20 à partir de début juin voire mi-juin. Mais tout dépend des années. Il est possible qu’il y ait encore de la neige à cette période. Bien vous renseigner sur ce point avant le départ.

Juillet et août vous rencontrerez beaucoup de randonneurs et les refuges seront assez bondés. Septembre semble être une bonne période : peu de monde, refuges ouverts et aucun risque de neige. A vous de choisir !

 

Comment venir ?

La Corse est une île donc vous aurez le choix entre le bateau et l’avion. Nous sommes partis de Bretagne en avion jusqu’à Marseille avec Ryanair et nous avons ensuite pris le bateau jusqu’à ’île Rousse. Mais vous pouvez très bien rallier la Corse depuis plusieurs aéroports (Bastia et Ajaccio principalement). Dans notre cas aucune difficulté particulière pour rejoindre l’aéroport au port de Marseille avec les liaisons en bus.

Nous avons embarqué ensuite avec la société SNCM et fait la traversée de nuit en cabine. La SNCM n’existe plus mais vous trouverez d’autres compagnies maritimes qui effectuent la traversée. Puis nous sommes arrivés en Corse au petit matin à l’île Rousse. Notre point de départ du GR20 se situe à Calenzana soit à environ 30 km. Et c’est parti pour une cession STOP au bord de la route. C’est là que les vacances commencent et que le mode débrouille est activé ! Nous n’avons pas attendu longtemps en bord de route. Les Corses, quoi qu’on en dise, sont très accueillants et prennent en STOP très gentiment les sportifs à l’assaut du GR20. Nous avons dû faire du STOP à deux reprises en Corse et à chaque fois ça été un plaisir de partager un bout de route avec nos conducteurs. Merci encore à eux si jamais ils passent par ici.

Sinon si vous n’êtes pas adeptes du STOP, d’autres solutions s’offrent à vous : le taxi, le train, et une navette (pas toute l’année, se renseigner sur la disponibilité). En 30 min nous étions arrivés à Calenzana et nous avons passé notre première nuit au camping municipal pour être prêts le lendemain pour l’ascension. Pour information à Calenzana, vous trouverez une supérette pour vos achats de dernière minute si jamais vous vous rendez compte de certains oublis. Vous trouverez même des bouteilles de gaz si besoin si vous n’avez pas pu transporter vos bouteilles de gaz avec vous.

Tout est prêt, le départ du GR20 en total autonomie commence demain (excitation +++) !

 

Notre expérience GR20 étape par étape

1 – De Calenzana au refuge de l’Ortu di u Piobbu

L’ascension du GR commence. Très grosse journée pour nous avec nos sacs de plus de 20 kg. Une journée avec quasiment du dénivelé + (environ +1200 m). Soleil au beau fixe. Arrivée au refuge non gardé à la mi-mai. Mais douche froide disponible et possibilité de dormir dans le refuge pour ceux qui n’ont pas de tente. Attention pour les refuges où des matelas sont disponibles, certains sont infestés de puces de lit (très fréquents dans tous les refuges). Nous on préfère la tente personnellement !       

2 – Du refuge d’Ortu di u Piobbu au refuge de Carozzu

Journée un peu moins difficile avec moins de dénivelé (environ +650 m). Vous passerez des sentiers boisés et des cimes rocheuses avec des vue impressionnantes. Toujours soleil au beau fixe.

Arrivée au refuge toujours non gardé. Le campement est très sympa dans un espace forestier avec rivière en contre-bas où nous avons fait notre toilette, l’eau très froide de fonte des neiges c’est bon pour les courbatures !

3- De Carozzu à Ascu Stagnu

Journée assez difficile car du dénivelé + et – ce qui fatigue les jambes et beaucoup de passages rocheux où il faut être vigilant pour ne pas glisser surtout avec un sac chargé. Quelques passages techniques avec des cordes pour aider à grimper certains passages.

Le soir nous n’arrivons pas dans un refuge seul en montagne mais dans une station de ski avec hôtel, restaurant, logements etc. Donc pas de possibilité de poser la tente. Nous avons donc dormi dans le refuge sans réserver à cette période. Nous avons profité du coup du repas du soir et du petit-déjeuner qui vont avec la nuit au refuge, ça change de notre repas assez routinier. Soirée également particulière car Magaly a fêté ces 29 ans ici sur le sentier du GR20 dans un refuge à 1400 m d’altitude, pas besoin de cadeau ou de superflus, le bonheur est là !

4 – De Ascu Stagnu à Tighettu

Cet itinéraire a été modifié suite à un accident mortel intervenu en 2015 dans le Cirque de la Solitude. Nous avons fait le GR20 en 2015 justement et nous avons parcouru l’ancien itinéraire. Donc nous ne pourrons pas vous parler du nouveau mais il doit être beaucoup plus sécurisé mais avec la même difficulté en terme de dénivelé.

Nous allons tout de même vous raconter cette journée. Elle a été très difficile physiquement et psychologiquement. Toute la matinée que du dénivelé positif avant d’arriver au Cirque de la Solitude en pente raide avant de remonter encore en pente raide également. Problème néanmoins le Cirque est bien enneigé. On croise des pisteurs qui nous disent de faire demi-tour sinon à nos risques et périls à moins d’avoir piolet et crampons et d’avoir de l’expérience en leur maniement. Nous hésitons un moment, après tant d’effort faire demi-tour c’est dur. Mais la raison l’emporte et nous repartons. Nous avons sûrement bien fait, quelques semaine plus tard un accident mortel est intervenu, ça aurait peut-être pu être nous…

Donc demi-tour au refuge et il nous faut obligatoirement rejoindre la prochaine étape en voiture. Le refuge de Tighettu n’est pas accessible par la route donc nous devons sauter cette étape. Nous cherchons grâce à notre topo guide (d’où l’intérêt de l’avoir sur soi ;)) un endroit où dormir et où nous pouvons récupérer dès le lendemain le GR. L’hôtel Castel de Vergio à Albertacce semble parfait. Il nous permettra de rejoindre le refuge Ciottulu di i Mori. Nous ne pouvons pas vous parler du refuge de Tighettu car du coup nous n’y avons pas séjourné. Mais l’hôtel était bien sympa idéal pour bien se reposer avec diner et petit déjeune possible dans la formule. Salle à manger avec vue sur la forêt, vraiment magnifique pour le petit-déj.

Nous avons pu rejoindre cet hôtel grâce à la gentillesse des Corses qui ont accepté de nous prendre en STOP.

5 – De Tighettu à Ciottulu di i Mori

Du coup, cette étape est raccourcie pour nous car nous récupérons cette étape en cours de route. Donc petite journée sans grande difficulté particulière qui fait du bien. Le refuge est sympa et nous posons notre tente.

6 – De Ciottulu di i Mori à Manganu

Nous repartons pour une bonne journée complète. Surtout du dénivelé négatif (-1300 m pour + 900 m) et des zones plates également. Nous avons vraiment bien apprécié cette étape avec le passage de lacs, de plaines et de rocailles. Une journée très variée en paysages.

Arrivée au refuge où nous posons notre tente. Refuge toujours non gardé et douche dans le torrent juste à côté !

7 – De Manganu à Petra Piana

Nous n’avons pas pu rejoindre Petra Piana via la route normale sur le GR20. Les tempêtes de l’hiver ont couché des arbres et une partie de la route est inaccessible. Comme nous sommes encore hors saison, la route n’a pas encore été dégagée. Donc encore une fois adaptation. On quitte le refuge en direction du petit village de montagne Soccia, notre objectif pour le soir. De là nous rejoindrons ensuite Petra Piana. Cela nous fait faire un détour mais pas le choix. Dès qu’on quitte le GR qu’on redescend dans les vallées, ce n’est que du dénivelé négatif sur toute la journée.

Nous atteignons le très joli village de Soccia où nous trouvons un gîte pour randonneurs tenu par un Espagnol. Nous sommes rejoints par 2 randonneurs Allemands. Donc nous passons la soirée à table à discuter un coup en Anglais, un coup en Espagnol. Pas évident mais c’est ça aussi la magie des GR, la rencontre de sportifs de toutes les nationalités.

Le lendemain nous reprenons la route pour rejoindre Petra Piana. Et maintenant il faut remonter donc que du dénivelé positif pendant 12h. Arrivée à la tombée de la nuit juste à temps ! La journée a été rude et nous ne faisons pas long feu après avoir posé notre tente. Le refuge n’est pas gardé mais est ouvert.

8 – De Petra Piana à l’Onda

Nous avons du mal à décoller après nos 12h de marche en dénivelé +. Mais aujourd’hui « que » 5h de marche donc on se le prend cool. Passage par les crêtes avec un vent glacial dès le matin ça réveille ! Mais ce passage est de courte durée et nous redescendons ensuite où la météo est plus clémente. On arrive au refuge de l’Onda tranquillement et sans stress aujourd’hui.

9 – De l’Onda à Vizzavona

Surtout du dénivelé négatif aujourd’hui et également on sent que le niveau technique diminue.  C’est vraiment une belle étape avec des panoramas magnifiques. Avant d’arriver à Vizzavona, des chutes d’eau et des piscines naturelles permettent de rafraichir les courbatures. On arrive dans une petite ville animée et touristique. Ça fait bizarre de voir autant de monde après ces quelques jours à croiser maximum 5 personnes par jour. Il y a une gare qui permet de rejoindre d’autres villes Corse. Bien souvent les randonneurs qui ne souhaitent pas continuer ou faire que la moitié du GR20 repartent d’ici en train.

Nous trouvons un hôtel en face de la gare où nous pouvons poser notre tente dans le jardin et bénéficier d’une douche chaude (le luxe en fait !) avec petit-déjeuner.

10 – De Vizzavona à Capannelle

Hier, nous sommes beaucoup descendus donc forcément aujourd’hui surtout de la montée. Mais l’étape reste très agréable avec passage dans la forêt, panoramas magnifiques, jolies bergeries aux volets rouge.

La journée est très agréable. Nous arrivons au refuge qui est gardé. C’est un très grand refuge qui propose également un espace bar/épicerie.

Après la corvée de la tente et du linge, direction les douches chaudes on est trop gâtés ! Et on finit la journée avec un bon verre de jus de fruit en terrasse ensoleillé avec 250 gr de cacahuètes !

11 – De Capannelle à Prati

Aujourd’hui quasiment autant de dénivelé + que -. Etape encore bien agréable entre lac de montagne, forêt et plaine herbeuse. Juste avant d’arriver au refuge vue magnifique sur la plaine avec la Méditerranée au loin, c’est impressionnant on se sent tout petit. On arrive au refuge gardé par un enfant du pays un peu sur la réserve au premier abord mais finalement après avoir acheté quelques bières dont une qu’on lui offre pour les boire tous ensemble, un climat agréable s’instaure dans la salle commune. Il nous raconte sa vie de gardien de refuge avec ses avantages et ses inconvénients et nous lui racontons la nôtre avec nos voyages. On sait qu’on ne se reverra peut-être jamais avec nos vies totalement différentes mais on profite de partager ce moment de vie qui a pu avoir lieu grâce au GR20.

12 – De Prati à Usciolu

Comme hier, autant de dénivelé + et -. Egalement des paysages variés entre crêtes et forêts. Rien de bien compliqué sauf certaines parois rocheuses qui peuvent s’avérer dangereuses en cas de pluie (passages glissants).

Arrivée au refuge d’Usciolu qui est gardé. Il commence à y avoir un peu plus de monde, nous sommes fin mai et nous croisons les randonneurs qui ont commencé par le Sud. L’ambiance est bonne enfant, le soir le gardien nous offre un digestif Corse histoire de bien dormir ! Anglais, Allemands, Français, tout le monde se retrouve le soir à table dans un super moment de convivialité.

13 – D’Usciolu à A Maltaza

A l’origine, le refuge d’Usciolu permettait de rejoindre directement le refuge d’Asinau. Maintenant une étape supplémentaire a été rajoutée avec une étape à A Maltaza. Etape sans difficulté particulière. Pour cette étape on a le choix entre le refuge de A Maltaza et la bergerie de Croci. On a décidé de continuer vers la bergerie qui nous permet de diminuer notre étape du lendemain étant donné que l’étape d’aujourd’hui est tranquille. Et on a bien fait car quel accueil ! Le refuge est tenu par un père et son fils. La nuit se fait obligatoirement en dortoir et douche chaude à disposition. Possibilité de commander à manger (repas fait maison sur place) ou de manger son propre repas mais « l’obligation » c’est que tout le monde mange ensemble à table c’est plus convivial et le patron est fier de nous faut goûter gratuitement ses fromages et sa charcuterie pour ceux que ça tente. 

Nous repartons le lendemain après une petite photo avec le patron et une miche de pain pour agrémenter nos repas. Superbe étape qui restera dans notre cœur.

14 – De A Maltaza à Asinau

On quitte tranquillement le plateau et on démarre par l’ascension d’un pic où nous pique-niquons. L’après-midi nous redescendons vers notre refuge. Apparemment ce refuge aurait brûlé et il ne resterait que le bivouac. Se renseigner donc à l’avance pour cette étape maintenant. Quand on y est passé le refuge était très sympa et gardé, nous y avions passé la soirée à jouer aux cartes avec des Allemands et des Français.

15 – D’Asinau à Bavella

Avant dernier jour sur le GR20, l’excitation de le terminer et d’avoir réussi notre objectif commence à se faire sentir le tout mélangé à la tristesse de finir déjà ce périple.

En principe cette étape va du refuge d’Asinau jusqu’au refuge d’I Paliri (dernier refuge du GR20 en passant par Bavella). Etant donné que nous voulions prendre le temps de voir les aiguilles de Bavella, dernière belle merveilles de la nature Corse sur notre parcours, nous avons décidé de faire 2 étapes en une et de nous arrêter au village de Bavella pour la nuit. A notre grande surprise, beaucoup de touristes déjà et l’auberge est complète. Il reste une seule place en refuge que nous saisissons tout de suite ! Nous devons dormir en dortoir pas de bivouac ici. Douche chaude également et possibilité de se restaurer au refuge.

16 – De Bavella à Conca

Et voilà c’est officiellement notre dernier jour sur le GR20. On redescend petit à petit vers la vallée avec un panorama splendide pour finir ce périple. Arrivée à Conca petit village Corse où on se dirige vers le gîte avec dortoirs, restaurant et bar. Le grand luxe avec douche chaude et des vrais lits. Ça fait bizarre de ne plus dormir par terre !

On a dû mal à réaliser mais ça y est c’est fini, quelle expérience !

 

Fin du GR20

Depuis Conca on prend une navette avec plusieurs randonneurs depuis le gîte qui nous amène directement à Porto-Vecchio. De là, possibilité de rejoindre train, bateau, bus ou avion pour repartir (l’aéroport le plus proche est celui de Figari Sud). Mais pour nous, nous décidons de prolonger notre séjour Corse par 2 jours de détente, nous en avons bien besoin. Nous prenons 3 nuits au camping municipal de Porto-Vecchio (là où la navette nous arrête).

Nous louons une voiture pour aller visiter la Corse du Sud. Passage obligé à Bonifacio forcément on ne pouvait pas passer à côtés des somptueuses falaises de craies. Puis on fait les touristes à s’arrêter à diverses criques et plages et à s’arrêter dans de multiples petits villages Corses.

Egalement en étant à Porto-Vecchio, la plage de Santa Giulia est idéale pour se baigner dans un cadre magnifique.

Après nos 2 jours de tourisme version détente, nous prenons le bateau directement à Porto-Vecchio direction Marseille et retour en Bretagne.

 

Notre avis sur ce séjour

Ce périple a été incontestablement celui qui nous a marqué le plus pour plusieurs raisons : premier grand trek, challenge sportif en autonomie, rencontres inoubliables, paysages à couper le souffle, grosses galères qui nous imposent de se remettre en question et d’être fort psychologiquement, (ça resserre les liens d’un couple incontestablement !!!)

Nous avons longtemps hésité car commencer par le GR20 pour un premier grand trek c’était le risque de ne pas aller jusqu’au bout. Mais après avoir passé les 4-5 premiers jours difficiles, nous étions ensuite très à l’aise et avions notre routine. Nous n’avions plus qu’à ouvrir grand nos yeux pour voir les merveilleux paysages et ouvrir grand notre cœur pour les inoubliables rencontres que nous avons pu faire. Les Corses sont fiers de leur terre et ils ont raison de le faire savoir. Nous, voyageurs, en ayant le respect de cette terre, nous gagnons le respect de ses habitants et nous avons découvert la vraie Corse, pas celle qu’on nous raconte avec des Corses associables qui n’aiment personne. Ils sont comme les bretons et les catalans, fiers de leurs origines, méfiants au premier abord mais accueillants et généreux dès que la confiance et le respect sont là. Amis Corses, les catalans d’origine et bretons d’adoption vous saluent et ne vous oublieront pas 😉

Nous conseillons vraiment ce périple à tous les sportifs et les amoureux de la nature, du trek et de la randonnée. Vous ne serez pas déçus et vous garderez des souvenirs à vie.

Forcément cette excursion nous a donné pleins d’autres idées et prochainement sûrement un autre GR : GR10 traversée des Pyrénées, GR de la Réunion, on hésite, on hésite…

Et vous, quand est-ce que vous relevez le défi du GR20 ?

 

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